Discours du 6 novembre 2010

Discours lu par notre Présidente lors du rassemblement du 6 novembre dernier

Chères amies, chers amis,

Au nom de toutes les organisations, associations, syndicats, et partis, membres de la Coordination contre l’exclusion et la xénophobie, je vous remercie d’être venus si nombreux. Pour dire NON. Non au racisme, non à la xénophobie, NON et NON au renvoi des criminels étrangers.

En ce moment même, des manifestations ont également lieu à Lausanne, Fribourg, Berne et dans d’autres villes de Suisse.

Uni-e-s, nous appelons les citoyen-ne-s à voter deux fois non aux prochaines votations. NON à l’initiative et NON au contre-projet sur le renvoi. Pourquoi ? Parce que ces textes propagent l’amalgame honteux que les étrangers sont des criminels. Parce que ces textes diffusent la peur, le racisme, la xénophobie. En orientant notre attention sur les bouc émissaires idéaux que sont les étrangers criminels, l’UDC et tous les partis qui promeuvent le contre-projet, nous détournent des vrais enjeux, des vrais problème : la crise, le chômage, le saccage des assurances sociales, l’absence de régulation des marchés financiers, la destruction de l’environnement et j’en passe.

On nous propose de modifier la politique suisse de renvoi des étrangers auteurs d’infractions. Mais qui connaît la politique en vigueur actuellement ? La politique Suisse des étrangers est déjà très sévère. La loi Suisse sur les étrangers permet déjà de renvoyer les auteurs d’infractions graves et les cantons l’appliquent de manière très stricte et sévère. L’an dernier, 700 renvois ont été prononcés. Certains de ces renvois ont été exécutés, d’autres pas, parce que le pays d’origine de ces personnes refuse leur rapatriement. Ce problème demeurera intact si l’initiative ou le contre-projet passent le 28 novembre.

Ces deux textes sont donc inutiles. Ils sont aussi totalement inefficaces. Renvoyer les criminels une fois leur peine purgée ne changera rien au fait que ces crimes ont été commis. Et ni l’initiative ni le contre-projet ne proposent quoi que ce soit pour lutter contre les vraies causes de la criminalité : la précarité, l’isolement, et les inégalités sociales et économiques.

Xénophobes, inutiles, inefficaces, ces textes mettent en péril les fondements de notre Etat de droit. Ils veulent instaurer en Suisse une justice à deux vitesse : l’une pour les Suisse, l’autre pour les étrangers. A délit égal, l’étranger sera doublement puni. Il ira en prison et sera ensuite banni de Suisse. Pire il sera banni automatiquement, sans pesée d’intérêt, sans analyse de sa situation familiale, sans analyse de ses liens avec son pays d’origine.

En s’attaquant en permanence aux étrangers et réfugiés, la droite et l’extrême droite populistes instrumentalisent notre démocratie directe. Elles monopolisent l’espace politique et médiatique pour ne proposer que de fausses solutions aux prétendus problèmes qu’elles soulèvent. Plus grave ! Au lieu de dénoncer cette « prise d’otages », la majorité de la classe politique, reprend à son compte ce discours discriminatoire des xénophobes !

C’est surtout pour dire NON à cette politique que nous sommes réunis aujourd’hui. Pour dire que nous ne nous reconnaissons pas dans cette Suisse de repli, de rejet, et d’exclusion. Nous voulons une Suisse ouverte, tolérante, plus forte grâce à ses diversités culturelles. Cette Suisse existe : elle se construit tous les jours, grâce aux associations, aux syndicats, à certains partis, grâce à nos voisins, collègues, et amis étrangers, et grâce à vous.

Pour renforcer cette Suisse attachée au respect des droits fondamentaux, et au principe inaliénable de l’égalité entre toutes et tous dans la Loi, Nous vous appelons à voter : NON à l’initiative pour le renvoi des criminels étrangers et NON au contre-projet !

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